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mardi 19 juin 2007

Au salon du livre de Nice (16-17 juin)

Jean-François Derec aime le jambon et la saucisse.
Henri Loevenbruck et Bernard Werber, entre deux parties d'allumettes...

NEO et Florence Godfernaux, à l'aube d'une côte de veau.











jeudi 14 juin 2007

Le Salon Du Livre de Metz (9-10 juin)

Romain Sardou et Blanche de Richemont
Stéphanie Le Foll, vestale de la maison XO

Gérard Oberlé, chantre du salami (entre autres)


Guillaume Musso, Amandine Cornette de Saint Cyr et Romain Sardou, à l'heure de l'élévation...



Blanche de Richemont et Victoria Bedos, au bord de la Moselle; Barrès adorerait.




Camille de Péretti, jolie tête de gondole.












NEO, Guillaume Musso et Romain Sardou en pleine canicule lorraine.







lundi 19 mars 2007

Un aimable papier de l'aimable David Foenkinos sur son aimable Blog de Livres Hebdo


A la demande générale

Mon nom est De Personne

Je parle trop de livres dans ce blog. Et pas assez de moi, c’est vrai. Je frustre mon lectorat d’anecdotes croustillantes sur mon corps. On dirait que je ne fais que ça : lire. On dirait surtout que je vis une période molle… en fait, oui, ma vie se bayrouïse. Heureusement, quelques voyages m’attendent : Ukraine, Bulgarie…et plus exotique, samedi prochain, Porte de Versailles. De là à dire que je suis aux frontières d’une petite déprime, il n’y a qu’un œil. Ah ! Le souvenir de ma jeunesse virevoltante (je précise : période post acné) me titille : ces années où j’étais serveur dans un salon de thé avec beaucoup de vieilles dames, et étudiant en lettres à la Sorbonne avec beaucoup de jeunes filles. Non, ne mythifions pas le passé ! En y repensant, c’était sinistre. Je courais après des ombres qui ne me voyaient pas. Et cette Flore qui m’a fait beaucoup souffrir, où est-elle maintenant ? Dans quelle faune ? Dans l’amphithéâtre, nous n’étions que quatre garçons. Alors comment ne pas repérer Nicolas d’Estienne d’Orves, dit Néo ? En plus, il portait un nœud papillon. Plus tard, nous nous sommes retrouvés dans l’édition, et nous sommes devenus amis. Enfin, jusqu’à maintenant. Franchement, trop c’est trop. J’ai fini « Les Bienveillantes » il y a deux jours (et encore mon nègre m’a aidé à le lire… oui, je sais, c’est assez stupéfiant, mais j’ai un nègre pour lire) après six mois d’un lourd combat contre mes avant-bras, et voilà que ce petit Néo qui, jadis, à la grande époque de notre amitié, écrivait des nouvelles, publie un livre de 524 pages. Ce n’est pas possible ! Il faut que je pense à me trouver des amis qui n’écrivent pas (problème : tout le monde écrit ; conséquence : les écrivains deviennent personne).
A l’époque où je voulais écrire un roman sur la collaboration, plus ou moins inspiré de Brasillach, Néo m’avait invité chez lui : j’avais pu découvrir des documents exceptionnels. C’est un grand spécialiste. Et son roman fourmille d’anecdotes méconnues, donc passionnantes. Il nous plonge au cœur d’une ambition nazie : celle de créer une race supérieure, ou des femmes pures enfanteraient des enfants « racialement valables ». Et ceci, bien avant la Seconde Guerre Mondiale. Anaïs, une jeune journaliste, va enquêter sur une série de meurtres commis il y a une dizaine d’années. Néo a mis plus de deux ans à écrire « Les Orphelins du Mal », publié chez XO, alors on comprend pourquoi il s’est mis dans la peau d’une jeune fille. C’est un roman palpitant, l’intrigue est menée comme ces séries américaines, sur plusieurs fronts et périodes en même temps. C’est une prouesse, et l’on s’interroge : combien de post-it ont été nécessaires à l’élaboration de ce roman ?
Question d’enchaînement, j’en profite pour parler aussi du livre de Tatiana de Rosnay, « Elle s’appelait Sarah », publié chez Héloïse d’Ormesson. Tiens, c’est étonnant, les deux écrivains dont je parle aujourd’hui ont un « de » dans leurs noms et évoquent les années 40 : je suis un champion semi-érotique de la thématique littéraire. Tatiana, tout comme Néo, est aussi une amie. Mon Dieu ! Plus personne ne va lire ce blog ! On va crier au complot. Ma défense : ce n’est tout de même pas de ma faute si je suis très sympathique, avec un physique avantageux (surtout au niveau capillaire), et si j’ai beaucoup d’amis. Le livre de Tatiana est un phénomène ; avant même sa sortie française, beaucoup de pays en ont acquis les droits. Ecrit en anglais, et traduit par Agnès Michaud, ce roman revient sur la tragédie du Vel d’Hiv. Roman poignant, aux frontières de l’insoutenable, c’est un livre qui devrait être lu par tous les lycéens. Elle réussit un tour de force : allier romanesque et précision des faits. Après ce livre, on marche dans Paris, avec du sang dans l’air.
Merci à tous les deux, et merci aussi à moi (on se remonte le moral comme on peut).
***
Trois vœux de :
Nicolas d’Estienne d’Orves :
1/ Que tous mes vœux se réalisent, sans limitation de date ni de folie.
2/ Que cette malédiction puisse s'arrêter sur commande.
3/ que les vœux 1 et 2 soient exaucés sur le champs.
Tatiana de Rosnay :
1/ Que mes enfants trouvent leur voie et soient heureux.
2/ Que la planète arrête de se réchauffer à cause de nos bêtises.
3/Que la paix règne partout et pour toujours.

Pour lire tout le blog cliquer sur : http://www.livreshebdo.fr/weblog/webLogText.aspx?id=18

jeudi 15 mars 2007

Un extrait lu à voix haute

Pour entendre un (très court) extrait des Orphelins du Mal lu à voix haute, cliquez sur le lien: http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-33986-les-orphelins-du-mal.htm
pommes frites!

Interview filmée de NEO

Pour quiconque veut me voir, m'entendre et en savoir (un peu) plus sur Les Orphelins du Mal cette interview est extraite du site de XO éditions.
voici le lien: http://www.xoeditions.com/spip.php?page=video&id_article=180

lundi 26 février 2007

Interview de Neo au sujet des "Orphelins du Mal"


Pour la première fois, vous vous lancez dans le thriller contemporain. Vous reconnaissez-vous dans ce genre ?

Oui, d’une certaine manière. Je ne suis pas à proprement parler un grand lecteur de thrillers contemporains, mais je fais partie de cette génération qui est tombée dans les livres en lisant Stephen King. J’ai toujours aimé avoir peur ; que ce soit devant un livre, un film ou un opéra (si, si ! c’est possible !) Et arriver à recréer la peur, l’inquiétude, l’étrangeté, le malaise sont pour moi des défis que je m’impose à chaque nouveau livre. C’est pourquoi je n’ai pas réellement l’impression de changer de genre avec Les Orphelins du mal. Disons que je creuse, je tâche d’approfondir mes thèmes de prédilection… et mes obsessions !

Sans trop en dévoiler, que pouvez-vous raconter de l’histoire du livre ?


Oula, ce n’est pas simple ! Si j’avais l’âme synthétique, je dirais que c’est une enquête à la fois policière et historique, qui s’étire entre les années 30 et nos jours, de la France à l’Allemagne en passant par la Norvège. On y rencontre une journaliste ambitieuse, un collectionneur ambigu, des rescapés du nazisme… et on finit par se demander si le IIIe Reich est vraiment mort en 1945…
Pour faire prétentieux, je dirais que c’est le parcours initiatique de différents personnages en quête de leurs origines, de leur identité, de leur histoire… Chacun à sa façon, ils sont des orphelins du mal.

Vous avez choisi une construction romanesque ambitieuse, avec plusieurs époques enchevêtrées, et des parties successives très différenciées, on pourrait presque parler de « tableaux ». Est-ce votre passion pour l’opéra qui vous a inspiré ?

Plutôt ma passion pour le cinéma. Je conçois en effet mes livres par tableaux, par scènes fortes (avec leurs odeurs, leurs couleurs, leur musique) et mon plan est comme un story-board. Pour vous faire une confidence, durant les deux ans et demi que m’a demandé la gestation de ce livre, j’ai presque arrêté de lire. Hormis la (très vaste !) documentation dans laquelle j’étais plongé, je me suis emmuré dans les séries télévisées, qui ont été une perpétuelle source d’inspiration. La structure dramatique d’un 24 H chrono, d’un Lost, et même d’un Six feet under sont de vrais modèles de construction. Ils ressuscitent cette virtuosité feuilletonesque que l’on a pu connaître en France au XIXe siècle, d’Alexandre Dumas à Eugène Sue. Le triomphe du roman populaire de qualité.

Le roman laisse une impression de grande originalité, vous utilisez les codes du thriller et pour autant vous avez des descriptions de lieux avec des images très fortes (la province, les îles du Nord de l’Europe). Avez-vous visité ces endroits pour écrire, ou est-ce la restitution de paysages intérieurs ?

La Province que je décris, le Tarn, est celle de ma famille paternelle. Je n’ai donc eu qu’à piocher dans quelques souvenirs… et masquer quelques noms ! Pour ce qui est de la Norvège, je me suis inspiré d’images et de descriptions des archipels Lofoten, que j’ai totalement fantasmées pour en faire un pur matériau littéraire. C’est la géographie au service du conte de fée ! Et Internet reste une manne rêvée pour les voyageurs en chambre ! L’exploration la plus dure, en fait, ça a été de me mettre dans la tête d’une jeune femme de 25 ans…

On sent à travers votre roman une grande connaissance, et même une fascination pour cette époque où l’Allemagne se donnait au nazisme. D’où vous vient cet intérêt ?

Le nom que je porte pousse au déterminisme ! Honoré d’Estienne d’Orves, mon grand-oncle, était Résistant. Il a été fusillé en 1941 et de nombreuses rues et places en France portent son nom… donc le mien ! Bref, j’ai beau m’en défendre : je suis né pendant l’Occupation. Mais j’ai toujours été intéressé par l’autre côté de cette atroce barrière. Comment le pays de Bach et Goethe a-t-il pu enfanter le Léviathan ? Ce sont ces noces sanglantes de l’humanisme et de la barbarie qui m’ont toujours intrigué. Je leur avais d’ailleurs consacré un précédent roman, Fin de Race (Flammarion 2002)

Vous avez choisi un thème difficile, le Lebensborn, l’organisation de la naissance d’une nouvelle race aryenne dans des haras humains. Comment l’idée vous est-elle venue ?

C’est l’une des parties les plus douloureuses et les moins connues du IIIe reich. Avant tout car de nombreuses personnes aujourd’hui encore vivantes y ont été conçues ! Peu de romans l’ont abordé, ce sujet, et il m’a semblé intéressant de défricher de ce côté, fût-ce par le biais d’une pure fiction policière. Et le fait qu’il y ait eu un foyer du Lebensborn à Lamorlaye, à quelques kilomètres de Senlis, ma ville d’enfance, a peut-être servi de déclencheur.

Comment avez-vous travaillé ? De longues recherches ?

Voilà des années que je voulais faire une sorte de grand roman fondé sur toute la dimension ésotérique, pour ne pas dire magique, du nazisme (ses collusions avec les sociétés secrètes, l’archéologie, la quête du Graal etc.) J’avais pour cela accumulé des notes par centaines, sans vraiment savoir ce que j’en ferais… Puis, j’ai rencontré Bernard Fixot, qui m’a donné les moyens de me lancer dans l’aventure en me faisant une confiance presque téméraire ! J’ai alors repris toutes mes notes et l’histoire s’est peu à peu imposée à moi. Le plan est né sur les murs de mon appartement, sous la forme de centaines de post-it disséminés dans toutes les pièces, comme un puzzle. Un puzzle que j’ai mis plus de six mois à ranger dans le bon ordre, avant de m’enfermer dans l’Histoire, comme un demi moine !

Il y a une dimension tragique dans le livre, mais aussi une joyeuse tendance à l’outrance. Est-ce volontaire de votre part ?


C’est mon péché mignon, je le confesse : j’ai une nette tendance au Grand guignol ; l’alliance du dramatique et du comique, la rupture de ton, le contraste qui frappe, qui dérange, qui agace, j’adore ça ! C’est peut-être mon côté gothique : sous la noblesse des rosaces, il y a toujours une gargouille qui grimace. Dans une autre vie, j’ai dû être un Quasimodo !

Êtes-vous étonné de voir cette thématique de l’Allemagne nazie revenir sur le devant de la scène ?

Le nazisme est toujours sur le devant de la scène ; c’est juste que cette année, il a obtenu le Goncourt ! Le succès des Bienveillantes (livre admirable, vertigineux et très intimidant) est la preuve que le mal incarné par les nazis n’en finira jamais de faire couler de l’encre. Depuis Dante, on croyait l’Enfer loin sous nos pieds ; en 1945, on a compris qu’il avait éclos en plein centre de l’Europe !

Quels sont les thrillers/policiers ou autres (littérature et cinéma) dont la lecture vous a impressionné ? ou même inspiré ?

J’ai une culture littéraire et visuelle très éclectique, voir un peu bric-à-brac, et j’efforce de ne pas me laisser influencer, (sinon je serai tout bonnement incapable d’écrire !) Du côté des maîtres je citerai pêle-mêle Borges, Dostoïevski, Morand, Simenon, Dumas, Barrès, Nabokov, Marcel Aymé, Pierre Louÿs, Poe, Mark Twain, Fitzgerald, Larbaud, Capote… Mais mon jardin secret s’enchante devant Jean Ray, Serge Brussolo, Barjavel, Abellio, Pierre Véry, André Hardellet… Il y a deux ans, un thriller comme La Conspiration des Ténèbres de Théodor Roszak m’a beaucoup impressionné et je l’ai regardé comme un modèle à suivre. Enfin, je ne dirai jamais assez la dette que j’ai contracté à l’égard du Matin des Magiciens de Pauwels et Bergier et du Pendule de Foucault d’Umberto Eco qui, au lycée, m’ont ouvert à l’étrange…
Pour ce qui est du cinéma, je suis un farouche défenseur du vrai cinématographe (Bresson, Renoir, Welles, Tarkovski, Pialat, Powell, Rivette, Antonioni, Cassavetes, Pasolini, Altman, Bunuel, Bergman… que je vois et revois sans cesse). Mais j’adore aussi tout un cinéma bis, dans lequel j’engloberai en vrac par exemple George Romero, Joël Seria, Jean Yanne, Paul Verhoeven, Mel Brooks, les Monty-Python, Serge Leroi… Enfin, mon dieu vivant reste avant tout Jean-Pierre Mocky, ce qui m’a valu bien des brouilles avec mes amis cinéphiles !

Quelle place tient aujourd’hui l’écriture dans votre vie ?


Celle d’une drogue dure : chaque jour un peu plus indispensable… et plus douloureuse !

(in dossier de presse XO)