mardi 21 août 2012
Article de Pierre Vavasseur dans Le Parisien sur "Les Fidélités"
« Les Fidélités successives », de NICOLAS D’ESTIENNE D’ORVES
Porter le nom d’un martyr de la Résistance devait un jour ou l’autre inciter Nicolas d’Estienne d’Orves à jouer son va-tout littéraire. Son livre raconte la trajectoire d’un homme amené à fréquenter le milieu de la collaboration en travaillant au journal antisémite « Je suis partout ». Son livre est un flot. L’auteur joue sur tous les tableaux romanesques, décrit un Paris des heures sombres aux multiples visages, campe d’hallucinants portraits et maîtrise, jusqu’à la fin, son affaire et son suspense.
« Les Fidélités successives », de Nicolas d’Estienne d’Orves, Éd. Albin Michel, 716 pages, 23,90 €.
dimanche 19 août 2012
Et encore un fort aimable article sur le site "Le Salon littéraire".
« Les Fidélités successives » de Nicolas d’Estienne d’Orves : un roman époustouflant
Stéphanie
des Horts
jeudi 16 août 2012
vendredi 10 août 2012
Excellent papier sur "Les Fidélités Successives" sur le site Actua-Litté.com
Les fidélités successives, Nicolas d'Estienne d'Orves
Le pavé pourrait faire peur. Sept cent pages bien tassées,
bien noires, compactes et denses sur l'Occupation. Mais, sombre et
patiné, muni de tiroirs à quadruples fond et sculpté de motifs en
colimaçon, ce roman est aussi presque physiquement représentable,
imaginé comme une significative géométrie de cubes et de sphères, de
volutes tour à tour aplaties et distendues, d'espaces repliés, secrets
et cachés avant de s'ouvrir brusquement pour dévoiler des portes
nouvelles, des ouvertures surprenantes, et toujours infinies.
L'étonnement surgit à tout instant, au détour d'une page, d'un bout à l'autre de ce roman, éloquent, à l'écriture et à l'architecture d'une fluidité parfaite. Roman d'époque, peuplé d'hommes honnêtes jusqu'au désarroi et à la perdition, irrigué par une intense méditation sur l'intégrité– l'intégrité des hommes.
Tout se tient entre les deux premières images. La condamnation à mort du collaborateur (et héros de l'histoire) Guillaume Berkeley et celle qui suit, sur l'île de Malderney, refuge idéal, dans lequel Guillaume, accompagné de son frère Victor, promène à longueur de journée sa sensibilité, tel un voyant que l'on pourrait décrire, au sens poétique du terme selon Rimbaud : « arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens ».
C'est peut-être d'ailleurs de cette façon, que l'on peut passer du calme idyllique décrit au début de l'histoire à la noirceur brutale de la chute, affichée dès la première page. Porté par l'amour, puis la déception qui a suivi, Guillaume quitte l'île anglaise pour Paris, et devient, avec sa plume et ses croquis, une belle figure du Paris littéraire. Porté aussi par le plaisir et les mondanités, il devient critique culturel pour le journal collabo « Je suis partout ».
Ne sentant pas vraiment le danger, résistant malgré tout aux propos antisémites les plus violents, Guillaume s'engage, sans jamais trahir sans conscience, jusqu'à faire volte-face, et devenir résistant. C'est toute une histoire, celle d'une époque, traversant la seconde guerre mondiale, que raconte Nicolas d'Estienne d'Orves, avec cette malice qui le caractérise, cet art des personnages et des dialogues qui tiennent le lecteur aux aguets.
On se coule alors dans les phrases. On s'abandonne, quasi physiquement. Laboratoire littéraire, remarquable expérience de lecture, Les fidélités successives abolit la distance entre l'auteur et le lecteur, contraint d'entrer tout entier dans le nerf et le sang du texte. A la fois sinueux et précipité comme les chemins de l'inconscient, l'auteur créé un ondoyant suspense de l'intime, louvoie dans les impasses fantomatiques des êtres qui font corps avec leur environnement. Comment réussit-il à parler des faiblesses humaines avec autant de force, comment saisit-il les incertitudes avec autant de netteté ? En laissant certainement crier son amour de la littérature, par le c(h)œur des personnages, disséminés dans l'espace et le temps.
Nicolas d'Estienne d'Orves raconte les songes fragmentés de son héros, la dualité des actes qui se prolongent à l'infini dans son existence. Dans les voyages de Guillaume, on comprend qu'il agit parfois dans le souci des autres, par exigence de justice et de liberté, dans une perspective d'engagement et d'action, mais parfois aussi davantage pour lui-même, pour approfondir une quête intérieure.
Pour dire l'Occupation, l'auteur décrit mille détails tour à tour sordides et poétiques et révèle une ambiance étonnante.
Le jeune homme, Guillaume, raconte, et sent, à chaque seconde, la vérité plaquée sur sa langue comme un noyau de cerise. Le livre est irrésistible et par moments insoutenable. On détourne parfois le regard, comme au cinéma, les larmes coulent. Nicolas d'Estienne d'Orves densifie sa méditation sur l'histoire de la seconde guerre mondiale, empreinte tout à la fois d'espoir immense et de violence, en donnant à son roman la dimension d'une fresque aux accents douloureux assumés. Vaste trafic d'ambitions, de fidélités, de connivences entre collaborateurs, allemands, résistants, saleté poisseuse, et corruption des âmes : l'auteur travaille efficacement ce matériau impur pour nourrir un roman à suspense aussi documenté que spasmodique.
Et la fascination l'emporte. Voilà qu'on pénètre comme jamais dans la peau d'un homme ambivalent, à la fois résistant et collaborateur, mais terriblement fidèle. On assiste, médusé, à une histoire qui perd un peu de son sens. Il y a un réel talent dans cette œuvre où des descriptions précises donnent jusqu'à l'odeur, jusqu'au toucher, jusqu'à l'ouïe, l'ambiance crépusculaire de cette période confite en doutes et résignations, en amertumes et lâchetés, en détresses folles et rébellions audacieuses. Personne ne peut être innocent tant l'atmosphère change toute relation humaine où chacun survit comme il peut, où « le plus terrible dans ce monde c'est que chacun à ses raisons », comme l'énonce Octave, dans La règle du jeu de Renoir, film fétiche (on se doute) de l'auteur.
Nous sommes frappés par la cohérence et la complexité infinie du personnage dont les pensées conduisent la narration haletante. Nous restons longtemps saisis par les abîmes de l'ambivalence, d'humanité chancelante creusée derrière le récit de cette destinée. Alors, avec ce dix-septième ambitieux roman, on pourrait, désormais, être infiniment fidèle à ce grand écrivain.
L'étonnement surgit à tout instant, au détour d'une page, d'un bout à l'autre de ce roman, éloquent, à l'écriture et à l'architecture d'une fluidité parfaite. Roman d'époque, peuplé d'hommes honnêtes jusqu'au désarroi et à la perdition, irrigué par une intense méditation sur l'intégrité– l'intégrité des hommes.
Tout se tient entre les deux premières images. La condamnation à mort du collaborateur (et héros de l'histoire) Guillaume Berkeley et celle qui suit, sur l'île de Malderney, refuge idéal, dans lequel Guillaume, accompagné de son frère Victor, promène à longueur de journée sa sensibilité, tel un voyant que l'on pourrait décrire, au sens poétique du terme selon Rimbaud : « arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens ».
C'est peut-être d'ailleurs de cette façon, que l'on peut passer du calme idyllique décrit au début de l'histoire à la noirceur brutale de la chute, affichée dès la première page. Porté par l'amour, puis la déception qui a suivi, Guillaume quitte l'île anglaise pour Paris, et devient, avec sa plume et ses croquis, une belle figure du Paris littéraire. Porté aussi par le plaisir et les mondanités, il devient critique culturel pour le journal collabo « Je suis partout ».
Ne sentant pas vraiment le danger, résistant malgré tout aux propos antisémites les plus violents, Guillaume s'engage, sans jamais trahir sans conscience, jusqu'à faire volte-face, et devenir résistant. C'est toute une histoire, celle d'une époque, traversant la seconde guerre mondiale, que raconte Nicolas d'Estienne d'Orves, avec cette malice qui le caractérise, cet art des personnages et des dialogues qui tiennent le lecteur aux aguets.
On se coule alors dans les phrases. On s'abandonne, quasi physiquement. Laboratoire littéraire, remarquable expérience de lecture, Les fidélités successives abolit la distance entre l'auteur et le lecteur, contraint d'entrer tout entier dans le nerf et le sang du texte. A la fois sinueux et précipité comme les chemins de l'inconscient, l'auteur créé un ondoyant suspense de l'intime, louvoie dans les impasses fantomatiques des êtres qui font corps avec leur environnement. Comment réussit-il à parler des faiblesses humaines avec autant de force, comment saisit-il les incertitudes avec autant de netteté ? En laissant certainement crier son amour de la littérature, par le c(h)œur des personnages, disséminés dans l'espace et le temps.
Nicolas d'Estienne d'Orves raconte les songes fragmentés de son héros, la dualité des actes qui se prolongent à l'infini dans son existence. Dans les voyages de Guillaume, on comprend qu'il agit parfois dans le souci des autres, par exigence de justice et de liberté, dans une perspective d'engagement et d'action, mais parfois aussi davantage pour lui-même, pour approfondir une quête intérieure.
Pour dire l'Occupation, l'auteur décrit mille détails tour à tour sordides et poétiques et révèle une ambiance étonnante.
Le jeune homme, Guillaume, raconte, et sent, à chaque seconde, la vérité plaquée sur sa langue comme un noyau de cerise. Le livre est irrésistible et par moments insoutenable. On détourne parfois le regard, comme au cinéma, les larmes coulent. Nicolas d'Estienne d'Orves densifie sa méditation sur l'histoire de la seconde guerre mondiale, empreinte tout à la fois d'espoir immense et de violence, en donnant à son roman la dimension d'une fresque aux accents douloureux assumés. Vaste trafic d'ambitions, de fidélités, de connivences entre collaborateurs, allemands, résistants, saleté poisseuse, et corruption des âmes : l'auteur travaille efficacement ce matériau impur pour nourrir un roman à suspense aussi documenté que spasmodique.
Et la fascination l'emporte. Voilà qu'on pénètre comme jamais dans la peau d'un homme ambivalent, à la fois résistant et collaborateur, mais terriblement fidèle. On assiste, médusé, à une histoire qui perd un peu de son sens. Il y a un réel talent dans cette œuvre où des descriptions précises donnent jusqu'à l'odeur, jusqu'au toucher, jusqu'à l'ouïe, l'ambiance crépusculaire de cette période confite en doutes et résignations, en amertumes et lâchetés, en détresses folles et rébellions audacieuses. Personne ne peut être innocent tant l'atmosphère change toute relation humaine où chacun survit comme il peut, où « le plus terrible dans ce monde c'est que chacun à ses raisons », comme l'énonce Octave, dans La règle du jeu de Renoir, film fétiche (on se doute) de l'auteur.
Nous sommes frappés par la cohérence et la complexité infinie du personnage dont les pensées conduisent la narration haletante. Nous restons longtemps saisis par les abîmes de l'ambivalence, d'humanité chancelante creusée derrière le récit de cette destinée. Alors, avec ce dix-septième ambitieux roman, on pourrait, désormais, être infiniment fidèle à ce grand écrivain.
Par Virginie Troussier, le jeudi 09 août 2012 à 17:43:48 - 0 commentaire
Mots clés :
Les fidélités successives -
Nicolas d'Estienne d -
Albin Michel -
Roman
mardi 7 août 2012
Très chaleureux papier au sujet des " Fidélités Successives" sur le blog de La Librairie Générale d'Arcachon
Les fidélités successives de Nicolas d'ESTIENNE d'ORVES
Les fidélités successives de Nicolas d'ESTIENNE d'ORVES chez Albin Michel, (parution le 22 août 2012).
Ils sont jeunes et ils sont frères, ils
habitent l'île de Malderney et sont anglais. Ils n'ont jamais été sur le
continent, ne serait-ce qu'en France qui se tient pourtant à deux pas.
Chaque été, ils piaffent d'impatience de revoir l'homme qui leur apporte
des nouvelles de Paris. Hélas, les temps se durcissent, l'Allemagne
belliqueuse menace ses voisins puis, un jour, la Pologne est envahie.
A l'image des grands romans du XIXe siècle
de Dumas, Balzac, Stendhal, Sue... Nicolas d'Estienne d'Orves prend à
bras le corps les années de guerre et d'occupation parisienne. Notons
l'absolue réussite de l'atmosphère rendue avec une multitude de détails
qui authentifient la période. Le pari risqué d'embrasser tout ce qui a
fait vivre les parisiens durant les années 40 à 45 est remarquable voire
stupéfiant. D'innombrables "célébrités" jalonnent l'étonnant parcours
de l'aventurier narrateur (un des frères) avant que l'on ne revienne à
Malderney, pour conclure et rendre des comptes.
On pourrait bien sûr être lassé ou bien
s'amuser des incessants rebondissements de cette tumultueuse histoire,
le XIXe siècle nous poursuit mais chaque revirement, chaque coups de
théâtre forcent l'admiration et rendent l'inimaginable parfaitement
plausible. Il fallait tout cela pour approcher l'extrême complexité des
jeux et des enjeux que furent la collaboration, l'intelligence avec
l'ennemi et tout simplement la survivance chaque jour plus incertaine.
Nicolas Estienne d'Orves réussit l'impossible et frappe un grand coup sur la scène littéraire française.
vendredi 3 août 2012
J'explique le pourquoi du comment des Fidélités Successives (15 juin 2012)
cliquez sur :
http://www.youtube.com/watch?v=gclg0EovB1o
et la libraire Françoise Bascou (de La Librairie de l'horloge, à Carpentras) dit ce qu'elle en pense:
cliquez maintenant sur :
http://www.youtube.com/watch?v=RHZDYC8KxF8
merci tout le monde!
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