
Un nouveau « lieu » vient d’ouvrir à ma porte, rue des Martyrs, baptisé Smiley.
A en croire l’imprimé sur l’auvent, on vient ici pour « manger, boire,
bavarder, flâner… » (la flânerie implique le mouvement, mais pourquoi
pas ?). Sa décoration flashy m’a rappelé les clips de Corine Charby ou de Rose
Laurens. Elle évoque également l’esthétique de certains bars simili-américains
qui ont pu fleurir, dans les bourgades du Tarn, de l’Aude ou de la Haute-Loire,
à la fin des années Giscard. Ses tarifs, en revanche, sont au diapason du
quartier (20 € pour un burger, ça se mérite). L’accueil y est affable, avenant,
courtois, mais un détail m’a frappé : la casquette. Naguère, le garçon de café
se résumait à papillon noir sur tablier blanc. Aujourd’hui, la dictature vintage
impose ces casquettes d’apache, posées à la diable sur le haut du crâne, façon
canaille. Vous trouverez les mêmes dans le Marais, au Bar du Marché,
dans les troquets d’Oberkampf ou de Belleville. Pourquoi donc ? Je doute que la
clientèle y voit un hommage à Carco, Dabit et Mac-Orlan. Est-ce pour se
conformer à l’image que le touriste se fait du café parisien ? Non, car
l’étranger attend une ambiance à la Sautet. En ce cas, la casquette
n’illustre-t-elle pas plutôt l’uniforme négligé-chic qu’exige le client
parisien, pour se différencier du touriste lambda ? Peut-être, mais que penser
du Café Charlot, rue de Bretagne, qui va encore plus loin dans la
référence décalée : sa déco imite ouvertement les cafés pseudo-français tels
qu’on peut en trouver à New-York ou en Asie. Nous atteignons alors le pastiche
du pastiche, la parodie au carré. « Le vrai est un moment du faux »,
disait l’autre. Et tout ça pour le prix d’un café !
bavarder, flâner… » (la flânerie implique le mouvement, mais pourquoi
pas ?). Sa décoration flashy m’a rappelé les clips de Corine Charby ou de Rose
Laurens. Elle évoque également l’esthétique de certains bars simili-américains
qui ont pu fleurir, dans les bourgades du Tarn, de l’Aude ou de la Haute-Loire,
à la fin des années Giscard. Ses tarifs, en revanche, sont au diapason du
quartier (20 € pour un burger, ça se mérite). L’accueil y est affable, avenant,
courtois, mais un détail m’a frappé : la casquette. Naguère, le garçon de café
se résumait à papillon noir sur tablier blanc. Aujourd’hui, la dictature vintage
impose ces casquettes d’apache, posées à la diable sur le haut du crâne, façon
canaille. Vous trouverez les mêmes dans le Marais, au Bar du Marché,
dans les troquets d’Oberkampf ou de Belleville. Pourquoi donc ? Je doute que la
clientèle y voit un hommage à Carco, Dabit et Mac-Orlan. Est-ce pour se
conformer à l’image que le touriste se fait du café parisien ? Non, car
l’étranger attend une ambiance à la Sautet. En ce cas, la casquette
n’illustre-t-elle pas plutôt l’uniforme négligé-chic qu’exige le client
parisien, pour se différencier du touriste lambda ? Peut-être, mais que penser
du Café Charlot, rue de Bretagne, qui va encore plus loin dans la
référence décalée : sa déco imite ouvertement les cafés pseudo-français tels
qu’on peut en trouver à New-York ou en Asie. Nous atteignons alors le pastiche
du pastiche, la parodie au carré. « Le vrai est un moment du faux »,
disait l’autre. Et tout ça pour le prix d’un café !

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