mercredi 15 février 2012

Neoscope 2: La vie en rose (Figaroscope, mercredi 15 février 2012)

La semaine dernière, c’était la Saint Valentin. Je n’aime guère cette tradition melliflue, mais ma femme y est attachée. Après six ans de vie de couple et deux mouflets, elle veut encore du câlin, du bisounours. A cours d’idée, j’ai demandé conseil à mon ami Chauvier. « Va donc Passage du désir ! » me lance-t-il, l’œil égrillard. « C’est quoi ça ? ». Effarement de mon camarade : « Voyons, mais c’est le Colette du X ! » « Quoi : un sex-shop ? » « Mais non, malheureux : un love-store ! » Intrigué, je me rends dans la boutique du Marais (23, rue Ste Croix de la Bretonnerie, 4e). Cette façade prune conduit à « l’antithèse du sex-shop ». Ici on revendique même le « développement durable du couple ». Ben voyons ! Manquerait plus que ça soit financé par l’évêché !
J’entre et suis aussitôt enrobé d’une musique lounge. Rien de vulgaire ni de malsain. Aucune photographie pornographique. C’est l’empire de la coquinerie suggestive. Il y a pourtant tout : bougies de massages, peinture corporelle au chocolat, anneaux vibreurs, stimulateurs prostatiques… Tandis que je saisis un fort inventif « tenga deep-throat » (14,90€), une jeune vendeuse au chic très Agnès B. me lance un « bonjour ! » sans équivoque. Puis elle se retourne vers un client (quadragénaire grisonnant en doudoune à capuche) et lui exhibe une petit olisbos mauve. « Pour un premier achat, celui-ci est très bien, monsieur. Pensez juste à le charger : il peut tenir cinq heures ! ».
Pour ma part, j'ai manqué d'audace. En guise de love-store, ja emmené ma femme voir Rigoletto a la Bastille (avec sandwich a l'entracte.) A chacun son grand frisson..."



et la fin supprimée:


Pour ma part, j’achète deux boules de Geishas chromées. L’intention était aussi louable que l’idée mauvaise : ma femme a cru que je lui offrais deux marrons glacés. Les urgences de l’Hôtel Dieu ont trouvé ça poilant ; pas nous.

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