La semaine dernière, c’était la Saint Valentin. Je n’aime guère cette tradition melliflue, mais ma femme y est attachée. Après six ans de vie de couple et deux mouflets, elle veut encore du câlin, du bisounours. A cours d’idée, j’ai demandé conseil à mon ami Chauvier. « Va donc Passage du désir ! » me lance-t-il, l’œil égrillard. « C’est quoi ça ? ». Effarement de mon camarade : « Voyons, mais c’est le Colette du X ! » « Quoi : un sex-shop ? » « Mais non, malheureux : un love-store ! » Intrigué, je me rends dans la boutique du Marais (23, rue Ste Croix de la Bretonnerie, 4e). Cette façade prune conduit à « l’antithèse du sex-shop ». Ici on revendique même le « développement durable du couple ». Ben voyons ! Manquerait plus que ça soit financé par l’évêché !J’entre et suis aussitôt enrobé d’une musique lounge. Rien de vulgaire ni de malsain. Aucune photographie pornographique. C’est l’empire de la coquinerie suggestive. Il y a pourtant tout : bougies de massages, peinture corporelle au chocolat, anneaux vibreurs, stimulateurs prostatiques… Tandis que je saisis un fort inventif « tenga deep-throat » (14,90€), une jeune vendeuse au chic très Agnès B. me lance un « bonjour ! » sans équivoque. Puis elle se retourne vers un client (quadragénaire grisonnant en doudoune à capuche) et lui exhibe une petit olisbos mauve. « Pour un premier achat, celui-ci est très bien, monsieur. Pensez juste à le charger : il peut tenir cinq heures ! ».
Pour ma part, j'ai manqué d'audace. En guise de love-store, ja emmené ma femme voir Rigoletto a la Bastille (avec sandwich a l'entracte.) A chacun son grand frisson..."
et la fin supprimée:
Pour ma part, j’achète deux boules de Geishas chromées. L’intention était aussi louable que l’idée mauvaise : ma femme a cru que je lui offrais deux marrons glacés. Les urgences de l’Hôtel Dieu ont trouvé ça poilant ; pas nous.

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