mercredi 28 septembre 2011

J’ai testé le magasin Abercombie (Figaroscope, 28 septembre 2011)

Une grille de ministère. Une muraille art-déco. Une file de curieux piaffant en quinze langues. Des vigiles hautains qui vous refoulent sans grâce. Sommes-nous chez la Bégum ? Non point ! Depuis le 19 mai, le 23 Champs Elysées est l’extravagante échoppe des vêtements Abercombie and fitch. Passé les vigiles, on longe une charmille, parcourant un gravier que des boys ratissent à l’envi. Dans l’entrée, un éphèbe torse-nu pose avec les client(e)s. Sur les murs du hall et du magasin, des fresques célèbrent le mâle dans tous ses états : en bretelles, à cheval, à vélo ; toujours musclé et carrelé (mais étrangement grisâtre). C’est Arno Breker à la sauce Gap. Des vendeurs beaux comme des cyborgs vous saluent en anglais : « hello guys ». Avec un sourire mécanique, ils dansent au son d’une musique épuisante, tels des pantins On achève bien les chevaux, disait l’autre. Me voyant prendre des notes, un cerbère accourt : « vous faites quoi, là ? ». Je m’explique, il s’amadoue : «avec tous les pédophiles, on doit faire attention ». Suffoqué par les fragrances de Fierce, le parfum maison, pulvérisé comme du napalm, je m’enfuie. « Et les vêtements », me direz-vous ? Euh… quels vêtements ?




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