jeudi 19 mai 2011

La baguette ne ment pas (Figaroscope, 18 mai 2011)

Dans bon nombre de restaurants, le pain a le même emploi qu’un thermomètre. Rien qu’en palpant la corbeille que vous apporte -avec sourire ou aigreur- la serveuse du bistro ou du gastro, vous savez si vous êtes dans une bonne maison. Croute ferme et crépitante, mie douce mais sans mollesse, tons ambrés, fumet de fournil, toupet de farine : il y faut tout ça. La baguette, c’est le test implacable : le quitte ou double. Si la déception est au rendez-vous dès la corbeille de pain, n’insistez pas et levez le camp. Le principe est d’ailleurs déclinable ad libitum : chez les boulanger, ce sera le sablé (nature) ; s’il est mou ou humide, plastiquez l’échoppe. Chez le boucher, ce sera l’entrecôte (vraiment persillée ? élégamment brunie ? cinq semaines d’attente ?) Ne soyons toutefois pas sectaires et quittons la gastronomie : une librairie digne de ce nom vaut aussi par le parfum de ses livres (l’odeur de la Hune reste en cela inimitable) ; de même, un taxi qui dit « merci » est une chose suffisamment rare pour être soulignée ; enfin, un restaurant Costes se jugera aux vertiges de ses décolletés. La liste est infinie : à vous de la compléter…

1 commentaires:

Bertier Luyt a dit…

au Braisenville (36 rue condorcet, décor de moi même ;, le pain est de Thierry Breton, qui dans son restaurant cuisine au four à pain !