Il y a des gens qui ne savent plus quoi faire de leur temps libre. Le samedi 2 avril, première authentique journée de printemps sur la capitale, quatorze étudiants se sont retrouvés place du Palais-Royal. Pour aller baguenauder chez Buren ? Voir tonner le canon ? Goûter une matinée du Français ? Sucer un radis au Véfour ? Non point ! Ces fiers gommeux étaient là pour remporter un record d'entassement et figurer au Guiness. Devant huissier (et beaucoup de passants), ils sont tous montés dans une Fiat 500 à trois portes, pour y tenir enfermés cinq longues secondes. Sponsorisé par une célèbre marque de mobilier scandinave, cet exploit était censé exalter les valeurs du covoiturage. En un mot : survivre à quatorze dans un pot de yaourt pour lutter contre les émissions de carbone. Au regard des photos : cela fleure pourtant le charnier sur roues, le film Soleil vert. Quitte à choisir mon asphyxie, je la préfère debout, droit dans mes bottes, sur le pavé parisien, plutôt qu'écrasé contre une aisselle douteuse, contorsionné entre une nuque et un slip. Mais les crétins vont en bande, c'est connu. Par peur du vide, ils préfèrent la mort sous vide. Une momie collective.mardi 12 avril 2011
ça c'est de la bagnole! (Figaroscope, 13 avril 2011)
Il y a des gens qui ne savent plus quoi faire de leur temps libre. Le samedi 2 avril, première authentique journée de printemps sur la capitale, quatorze étudiants se sont retrouvés place du Palais-Royal. Pour aller baguenauder chez Buren ? Voir tonner le canon ? Goûter une matinée du Français ? Sucer un radis au Véfour ? Non point ! Ces fiers gommeux étaient là pour remporter un record d'entassement et figurer au Guiness. Devant huissier (et beaucoup de passants), ils sont tous montés dans une Fiat 500 à trois portes, pour y tenir enfermés cinq longues secondes. Sponsorisé par une célèbre marque de mobilier scandinave, cet exploit était censé exalter les valeurs du covoiturage. En un mot : survivre à quatorze dans un pot de yaourt pour lutter contre les émissions de carbone. Au regard des photos : cela fleure pourtant le charnier sur roues, le film Soleil vert. Quitte à choisir mon asphyxie, je la préfère debout, droit dans mes bottes, sur le pavé parisien, plutôt qu'écrasé contre une aisselle douteuse, contorsionné entre une nuque et un slip. Mais les crétins vont en bande, c'est connu. Par peur du vide, ils préfèrent la mort sous vide. Une momie collective.
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